Voilà presqu’une année que j’avais délaissé mon écriture hebdomadaire. Plongée dans un projet personnel prenant, j’ai embrassé le célibat avec la fougue d’une passion enragée… ou presque. Un seul homme a eu la permission de flirter avec mon coté coquin mais à force de ne pas livrer la marchandise de manière ponctuelle, ma coquinerie s’est lentement effacée pour laisser place à une incertitude qui me laissa blasée. Rien qui ne vaille la peine d’être raconté malheureusement, de là mon numéro Oudinesque des derniers mois! Disparition 101.
Or je ne peux rester dans l’ennui très longtemps. Le retour de mon attrait pour la lumière des chandelles et le cliquetis des verres que l’on toast me rappelle hors de l’ombre. Me voilà de nouveau à rechercher le doux contact des lèvres au creux du cou, les draps qui froissent de l’autre coté du lit alors qu’on n’a pas bougé d’un poil et les fou-rires d’après-midi coquins.
À écouter les filles qui m’entoure, je me rappelle ces soirées de l’an dernier où l’acidité de certaines répliques masculines faisaient tourner le meilleur des Bourgogne. J’avais oublié à quel point la faune en chasse était brute par moment, mais rien n’allait gâcher mon esprit volatile et lumineux du moment… enfin…
Quelques premières rencontres plus tard, je redécouvre à quel point nos exigences sont élevées… comme si l’on devait tomber amoureux en quelques heures…comme ça…sans se connaître. Je parle pour moi mais j’incluse mes cavaliers. Comme il n’y a pas de déclic, pas de fou-rires spontanés, pas de flammèches…je rentre gentiment me glisser seule sous la couette entretenant des conversations nocturnes avec celui qui persiste à entretenir sans jamais s’engager.
Je ne m’attendais donc pas à faire une rencontre qui secourait mes croyances. Clive…Oh mon Clive, toi pour qui je me serais noyée dans la piscine du Four Seasons pour avoir le privilège d’une réanimation en règle après m’être soudainement évanouie en entendant ton rire magnifique, te voilà devant moi, lager à la main au pub du quartier… Enfin, pas le ‘Clive’, mais juste assez ‘Clive’ pour que mon cœur chavire l’espace d’un instant. Juste assez pour que je rougisse de tes questions coquines. Mieux encore que l’original qui est vraisemblablement inatteignable.
Ah le charme des soirées où l’on oublie que les aiguilles tournent et où le plaisir partagé (en apparence), nous fait oublier qu’il y a quelques heures nous étions étrangers. Il y a de ces rencontres électriques qui nous rappellent nos vingt ans avec leur légèreté et leur manque de règles. Comment ne pas se rouler de bonheur et se blottir dans ce plaisir doux, laissant toutes nos blessures et toutes nos attentes sur la banquette arrière avant de s’engouffrer dans un condo inconnu pour revivre le sentiment bestial trop longtemps oublié?
Alors voilà, une fois que l’heure passion est passée, que les textos restent sans réponses, e que l’on tente désespérément de camoufler le nez et le menton écorché, comment ne pas rejoindre les poupées alignées au bar pour un debrief acéré? Comment négocier avec l’attente? L’attirance chimique n’est elle pas réciproque? Et si oui, pourquoi s’en priver? Une question sans réponse sans doute…comme le dernier texto.